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Les ados et les écrans

le 28 mars 2019
17h30
Les outils numériques sont un nouveau moyen de socialisation, un outil d’apprentissage et de communication incontournable. Comprendre à quoi répond l’usage des écrans, ce que l’adolescent y gagne, ce qu’il y fait, ce qu’il y cherche, peut permettre de mieux l’accompagner vers un usage modéré et responsable.

Les 4 intervenants :

Christine CANNARD, IR Inserm, Docteur en psychologie de l'adolescent LPNC (CNRS/UGA)
Bruno HARLÉ, Pédopsychiatre, Centre hospitalier "Le Vinatier" à Lyon
Victor PAVAILLER, responsable de direction - Association "Pangolin" à Grenoble
Géraldine FABRE, journaliste scientifique - UGA



« Si l’ado se relance à la découverte de soi, c’est qu’il est dépaysé devant sa propre personne » nous disait Henri Wallon en 1941. L’adolescent d’aujourd’hui n’est pas différent en soi de celui d’hier, c’est la société qui a changé. Au XXIème siècle, les jeunes (et pas qu’eux) sont plongés dans un environnement technologique qui a quelque peu changé les rapports avec soi-même et avec les autres. L’adolescence est une période de forte remise en question (introspection), de prise de rôles (exploration et engagement), de transformations diverses entraînant chez certains une certaine confusion identitaire. L’enfant qui grandit ne se reconnait plus, et pour l’ado, être soi c’est d’abord être comme les autres. Cela le rassure, cela le sécurise, cela lui évite parfois de se poser trop de questions.

L’usage du numérique répond à ces enjeux identitaires de l’adolescent. Tout ce qui se joue sur Internet est un moyen de s’informer et d’apprendre, d’en savoir plus sur soi-même en communiquant avec autrui, en observant les comportements de ses pairs, en explorant activement différentes informations avant de s’engager à bon escient dans des domaines qui comptent pour la construction identitaire. Mais c’est également pour l’adolescent s’exposer et s’évaluer (directement ou indirectement), parfois à ses risques et périls. En déplaçant ses besoins vers les relations aux autres, il est donc introduit à l’altérité du désir, et se pose alors plus ou moins consciemment la question suivante : que désire l’autre de moi ?

L’usage des réseaux sociaux, mais aussi des jeux vidéo, répond ainsi au besoin fondamental d’être affilié (nous sommes des êtres sociaux), mais il donne également l’illusion d’être autonome, à un âge où la quête d’autonomie est primordiale, et enfin, il satisfait le sentiment de compétence.

Autrement dit, les écrans répondent à la fois à la satisfaction des trois besoins psychologiques de base et aux enjeux identitaires. Autant de bénéfices auxquels l’adolescent a du mal à résister. Autant de bénéfices pouvant devenir des risques potentiels : avoir des amis à tout prix au point de ne plus supporter la solitude, modifier son image afin de retenir l’attention, récolter des récompenses, faire n’importe quoi pour garder une relation amoureuse, vivre par procuration via un avatar virtuel pour reprendre la main sur des transformations pubertaires que l’on n’aime pas ou fuir un réel trop contraignant, ou trop contrôlant…

Localisation

Saint-Martin-d'Hères - Domaine universitaire
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700 avenue Centrale
Campus Saint Martin d'Hères
 
Mis à jour le  22 mars 2019